Croix rocher.jpg (32614 octets)Kassducou_croix.gif (28586 octets)

Historique


Avant 1895, il n’existe aucun document écrit mentionnant l’existence des pétroglyphes. Savants ou voyageurs de cette époque ou antérieurement semblent les ignorer totalement. Quelques ouvrages traitant de la Nouvelle-Calédonie comme « Canaques  de la Nouvelle-Calédonie » du Dr MAURICE « esquisse ethnographique » du Dr VINCENT, « La Nouvelle-Calédonie, côte orientale » de Jules GARNIER, pour ne citer que ceux-ci, ne font pas la moindre allusion aux gravures sur pierre.

C’est à Gustave GLAUMONT , fonctionnaire de l’administration à la fin du XIXème siècle, que nous devons la découverte des pétroglyphes néo-calédoniens. Bourail, le Diahot, furent les premières « régions à pétroglyphes ». Mais GLAUMONT ne fit pas cas de ses découvertes dans des bulletins ou journaux de l’époque. Nous ne connaissons de lui qu’un ouvrage et encore est-il très rare. Cet ouvrage , lithographié à Montravel sur les presses de l’administration pénitentiaire en 1888, semble n’avoir été distribué qu’à quelques personnalités. GLAUMONT y développait sa thèse sur l’origine des néo-calédoniens, sur leurs us et coutumes, et sur celle du Continent Austral englouti.

Ses découvertes passèrent totalement inaperçues, puisque de surcroît certaines thèses ou traités d’ethnographie comme « l’esquisse ethnographique » de VINCENT, la thèse de BERNARD sur la Nouvelle-Calédonie, parues le même année, ne font pas mention de ces gravures rupestres. Ce n’est qu’en 1900 que l’on trouve dans quelques lignes de la « Notice sur la Nouvelle-Calédonie » publiée par les soins de l’Union Agricole Calédonienne à l’occasion de l’exposition Universelle, un signalement de lignes de rochers couverts de dessins et ceci, sans rapport avec les découvertes de GLAUMONT. Par contre, de nombreux auteurs lui ont emprunté ses travaux pour des communications. BONNEMERE Lionel dans « Les pierres gravées de Nouvelle-Calédonie et Louis CAPITAN dans « les pierres à cupules », utilisèrent les renseignements et les relevés de GLAUMONT.

BONNEMERE fait état des découvertes du Diahot et de la région de Bourail.

Donc, les découvertes de GLAUMONT firent l’objet d’une publication de neuf pages dans le Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris par BONNEMERE. Les dessins, sans aucun doute les premières esquisses des motifs pétroglyphes, furent déposés aux archives de cette société. Cette publication faisait état des premiers pétroglyphes découverts à Pa-oro, à Moïnevra, à Nézadiou (actuellement Néssadiou) et au Diahot. C’est de cette époque que date le seul et le premier témoignage, à notre connaissance, sur une signification des premiers signes rupestres. Ne pouvant s’expliquer tous ces dessins, GLAUMONT interrogea un chef du pays nommé MASSAVERO qui lui donna une explication très saine de la presque totalité des motifs. Les lignes horizontales représenteraient des sagaies, armes très usitées dans les tribus mélanésiennes et d’une représentation très simple, la croix entourée ou non d’un cercle représenterait deux sortes d’oursins. Un autre motif serait un crabe, les quatre lignes parallèles indiqueraient les pattes de l’animal au repos.

MARIUS ARCHAMBAULT, LE GRAND DÉCOUVREUR

Le début du XXème siècle devait être riche en découvertes pétroglyphiques grâce à Marius ARCHAMBAULT (1846 –1920). Ce commis principal des postes et télégraphes de Nouméa peut-être considéré comme le grand découvreur des signes rupestres néo-calédoniens. Ses fréquentes tournées dans l’intérieur de l’île pour le service des postes lui permirent des découvertes sur presque l’ensemble du territoire. Houaïlou, Canala , Païta, Poro, Kua, Méré, Dothio, Thio, furent des régions parcourues par lui.

Sa première découverte en 1898 de la fameuse Jessie’stone près de Houaîlou, lui fi t croire malheureusement qu’il était le premier découvreur des dessins rupestres, les travaux de GLAUMONT (pourtant plus anciens de quelques années) n’ayant pas été vulgarisés.

« Habitant la colonie depuis nombre d’années, appelé par mon emploi de télégraphiste à aller d’un poste à l’autre, au gré du hasard, je croyais connaître la Nouvelle-Calédonie sur le bout du doigts et ne n’aurais jamais supposé qu’il pût y être question de monument mégalithiques, ou qu’on y eût jamais découvert des pierres ou des roches ornées de signes quelconques. J’était d’autant plus en droit de le croire que mes nombreuses excursions dans les régions les plus diverses, pratiquées ou non, de l’île ne m’avaient jamais mis en présence de rien de semblable, ni personne à ma connaissance. Or, voici que je tombai sur une énorme pierre… Rentré à la maison , mon premier soin fut de parcourir avec hâte les auteurs qui ont décrit longuement nos peuplades indigènes, je m’assurai que personne n’avait fait mention de l’existence de monument mégalithiques en Nouvelle-Calédonie, celle de pétroglyphes sur les pierres et les roches de l’île.

Il publia ses découvertes de 1901 à 1918 dans de nombreuses revues anthropologiques et archéologique française et même dans quelques journaux.

Des auteurs comme Léon Coutil (1912), Georges Hervé (1909) Jean-Paul Lafitte (1909), Mortillet (1919) écrivirent des notes et articles basée généralement sur les travaux d’Archambault.

Retour